Je te l’ai dit pour les nuagesJe te l’ai dit pour l’arbre de la merPour chaque vague pour les oiseaux dans les feuillesPour les cailloux du bruitPour les mains familièresPour l’œil qui devient visage ou paysageEt le sommeil lui rend le ciel de sa couleurPour toute la nuit buePour la grille des routesPour la fenêtre ouverte pour un front découvertJe te l’ai dit pour tes pensées pour tes parolesToute caresse toute confiance se survivent.
Toi la seule et j’entends les herbes de ton rireToi c’est ta tête qui t’enlèveEt du haut des dangers de mortSous les globes brouillés de la pluie des valléesSous la lumière lourde sous le ciel de terreTu enfantes la chute. Les oiseaux ne sont plus un abri suffisantNi la paresse ni la fatigueLe souvenir des bois et des ruisseaux fragilesAu matin des capricesAu matin des caresses visiblesAu grand matin de l’absence la chute.Les barques de tes yeux s’égarentDans la dentelle des disparitionsLe gouffre est dévoilé aux autres de l’éteindreLes ombres que tu crées n’ont pas droit à la nuit.
Mon amour pour avoir figuré mes désirsMis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astreTes baisers dans la nuit vivanteEt le sillage de tes bras autour de moiComme une flamme en signe de conquêteMes rêves sont au mondeClairs et perpétuels. Et quand tu n’es pas làJe rêve que je dors je rêve que je rêve.
La terre est bleue comme une orangeJamais une erreur les mots ne mentent pasIls ne vous donnent plus à chanterAu tour des baisers de s’entendreLes fous et les amoursElle sa bouche d’allianceTous les secrets tous les souriresEt quels vêtements d’indulgenceA la croire toute nue. Les guêpes fleurissent vertL’aube se passe autour du couUn collier de fenêtresDes ailes couvrent les feuillesTu as toutes les joies solairesTout le soleil sur la terreSur les chemins de ta beauté.
Le front aux vitres comme font les veilleurs de chagrinCiel dont j’ai dépassé la nuitPlaines toutes petites dans mes mains ouvertesDans leur double horizon inerte indifférentLe front aux vitres comme font les veilleurs de chagrinJe te cherche par-delà l’attentePar-delà moi-même.Et je ne sais plus tant je t’aimeLequel de nous deux est absent.
Les corbeaux battent la campagneLa nuit s’éteintPour une tête qui s’éveilleLes cheveux blancs le dernier rêveLes mains se font jour de leur sangDe leurs caressesUne étoile nommée azurEt dont la forme est terrestre Folle des cris à pleine gorgeFolle des rêvesFolle aux chapeaux de sœur cycloneEnfance brève folle aux grands ventsComment ferais-tu la belle la coquette Ne rira plusL’ignorance l’indifférenceNe révèlent pas leur secretTu ne sais pas saluer à tempsNi te comparer aux merveillesTu ne m’écoutes pas.Mais ta bouche partage l’amourEt c’est par ta boucheEt c’est derrière la buée de nos baisersQue nous sommes ensemble.
En l’honneur des muets des aveugles des sourdsÀ la grande pierre noire sur les épaulesLes disparitions du monde sans mystère. Mais aussi pour les autres à l’appel des choses par leur nomLa brûlure de toutes les métamorphosesLa chaîne entière des aurores dans la têteTous les cris qui s’acharnent à briser les mots Et qui creusent la bouche et qui creusent les yeuxOù les couleurs furieuses défont les brumes de l’attenteDressent l’amour contre la vie les morts en rêventLes bas-vivants partagent les autres sont esclavesDe l’amour comme on peut l’être de la liberté.
Aux grandes inondations de soleilQui décolorent les parfumsAux confins des saisons magiquesAux soleils renversésBeaux comme des gouttes d’eauLes désirs se dédoublentVoici qu’ils ont choisiLes tortures les plus contrairesVisage admirable tout nuRidicule refusé comme rebelleDépayséTournure secrèteChemins de chair et ciel de têteEt toi complice misérableAvec des larmes entre les feuillesEt ce grand mur que tu défendsPour rienParce que tu croiras toujoursAvoir fait le mal par amourCe grand mur que tu défendsInutilement. Sous les paupières dans les cheveluresJe berce celles qui pensent à moiElles ont changé d’attitudeDepuis les temps vulgairesElles ont leur part de refus sur les brasLes caresses n’ont pas délivré leur poitrineLeurs gestes je les règle en leur disant adieuLe souvenir de mes paroles exige le silenceComme l’audace engage toute la dignité. Entendez-moiJe parle pour les quelques hommes qui se taisentLes meilleurs.
Armure de proie le parfum noir rayonneLes arbres sont coiffés d’un paysage en amandeBerceau de tous les paysages les clés les désLes plaines de soucis les montagnes d’albâtreLes lampes de banlieue la pudeur les oragesLes gestes imprévus voués au feuLes routes qui séparent la mer de ses noyésTous les rébus indéchiffrables. La fleur de chardon construit un châteauElle monte aux échelles du ventEt des graines à tête de mort.Des étoiles d’ébène sur les vitres luisantesPromettent tout à leurs amantsLes autres qui simulentMaintiennent l’ordre de plomb. Muet malheur de l’hommeSon visage petit matinS’ouvre comme une prisonSes yeux sont des têtes coupéesSes doigts lui servent à compterÀ mesurer à prendre à convaincreSes doigts savent le ligoter. Ruine du publicSon émotion est en morceauxSon enthousiasme à l’eauLes parures suspendues aux terreurs de la foudrePâturages livides où des rochers bondissentPour en finirUne tombe ornée de très jolis bibelotsUn voile de soie sur les lenteurs de la luxurePour en finirUne hache dans le dos d’un seul coup. Dans les ravins du sommeilLe silence dresse ses enfantsVoici le fruit fatal qui crève les tympansLa poussiéreuse mort des couleursL’idiotieVoici le premier paresseuxEt les mouvements machinaux de l’insomnieL’oreille les roseaux à courber comme un casqueL’oreille exigeante l’ennemie oubliée dans la brumeEt l’inépuisable silenceQui bouleverse la nature en ne la nommant pasQui tend des pièges souriantsOu des absences à faire peurBrise tous les miroirs des lèvres. En pleine mer dans des bras délicatsAux beaux jours les vagues à toutes voilesEt le sang mène à toutC’est une place sans statueSans rameurs sans pavillon noirUne place nue iriséeOù toutes les fleurs errantesLes fleurs au gré de la lumièreOnt caché des féeries d’audaceC’est un bijou d’indifférenceÀ la mesure de tous les cœursUn bijou ciselé de riresC’est une maison mystérieuseOù des enfants déjouent les hommes. Aux alentours de l’espoirEn pure perteLe calme fait le vide.
Je sors des caves de l’angoisseDes courbes lentes de la peurJe tombe dans un puits de plumesPavots je vous retrouveSans y songerDans un miroir ferméVous êtes aussi beaux que des fruitsEt si lourds ô mes maîtresQu’il vous faut des ailes pour vivreOu mes rêves. L’enfance reste chez elleÀ rougir de ses devoirsÀ mériter la vieAvec ses jeux de toutes les couleursSes cahiers tondus ses plumiers acidesUne main se ferme se poseLes mains de l’enfantComme des grenouilles. Mais voici que s’abat se dresse se dandineLa poussière arroganteSans carcasse toute de charmesLa toute pelée la curieuseUn palais la salue la reçoit l’accompagneAvec sa façade avec le grand livre d’origineAvec les clés qui sont une offense aux muraillesLes rideaux soulevés du sourireÀ croire aussi que le triple dedansN’est pas mesuré par les rides. La plus petite course du lézardDément toutes les précautionsLa plus petite mort du boisQuand la hache casse le filEt délivre un oiseauLe coup d’ailes de la surprise. L’armature des rousses éclatante parureEt ce mépris pour toutes les plantes souterrainesPour bénir les poisons pour honorer les fièvresLes sources sont couronnées d’ombreLe corps partage ses conquêtesMais sa jeunesse est au secret. Pavots renoncez-vousAu dur trajet des graines.