Le phénix
Paul Éluard
Le Phénix, c’est le couple — Adam et Ève — qui est et n’est pas le premier.
Je suis le dernier sur ta route Le dernier printemps la dernière neige Le dernier combat pour ne pas mourir
Et nous voici plus bas et plus haut que jamais.
*
Il y a de tout dans notre bûcher Des pommes de pin des sarments Mais aussi des fleurs plus fortes que l’eau
De la boue et de la rosée.
*
La flamme est sous nos pieds la flamme nous couronne À nos pieds des insectes des oiseaux des hommes Vont s’envoler
Ceux qui volent vont se poser.
*
Le ciel est clair la terre est sombre Mais la fumée s’en va au ciel Le ciel a perdu tous ses feux ! La flamme est restée sur la terre.
*
La flamme est la nuée du cœur Et toutes les branches du sang Elle chante notre air
Elle dissipe la buée de notre hiver.
*
Nocturne et en horreur a flambé le chagrin Les cendres ont fleuri en joie et en beauté Nous tournons toujours le dos au couchant
Tout a la couleur de l’aurore.
Je suis le dernier sur ta route Le dernier printemps la dernière neige Le dernier combat pour ne pas mourir
Et nous voici plus bas et plus haut que jamais.
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Il y a de tout dans notre bûcher Des pommes de pin des sarments Mais aussi des fleurs plus fortes que l’eau
De la boue et de la rosée.
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La flamme est sous nos pieds la flamme nous couronne À nos pieds des insectes des oiseaux des hommes Vont s’envoler
Ceux qui volent vont se poser.
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Le ciel est clair la terre est sombre Mais la fumée s’en va au ciel Le ciel a perdu tous ses feux ! La flamme est restée sur la terre.
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La flamme est la nuée du cœur Et toutes les branches du sang Elle chante notre air
Elle dissipe la buée de notre hiver.
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Nocturne et en horreur a flambé le chagrin Les cendres ont fleuri en joie et en beauté Nous tournons toujours le dos au couchant
Tout a la couleur de l’aurore.