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Paul Eluard
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En avril 1944 : Paris respirait encore !

Paul Eluard

1 poème

En avril 1944 : Paris respirait encore !

Paul Éluard

Nous descendions vers le fleuve fidèle : ni son flot ni nos yeux n’abandonnaient Paris. Non pas ville petite, mais enfantine et maternelle.
*
Ville au travers de tout comme un sentier d’été, plein de fleurs et d’oiseaux, comme un baiser profond plein d’enfants souriants, plein de mères fragiles.
Non pas ville ruinée, mais ville compliquée, marquée par sa nudité.
*
Ville entre nos poignets comme un lien rompu, entre nos yeux comme un œil déjà vu, ville répétée comme un poème.
Ville ressemblante.
*
Vieille ville... Entre la ville et l’homme, il n’y avait même plus l’épaisseur d’un mur.
Ville de la transparence, ville innocente.
*
Il n’y avait plus, entre l’homme seul et la ville déserte, que l’épaisseur d’un miroir.
Il n’y avait plus qu’une ville aux couleurs de l’homme terre et chair, sang et sève.
*
Le jour qui joue dans l’eau la nuit qui meurt sur terre Le rythme de l’air pur est plus fort que la guerre.
Ville à la main tendue et tout le monde de rire et tout le monde de jouir, ville exemplaire.
*
Nul ne put briser les ponts qui nous menaient au sommeil et du sommeil à nos rêves et de nos rêves à l’éternité.
Ville durable où j’ai vécu notre victoire sur la mort.

À propos de Paul Eluard

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À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

En avril 1944 : Paris respirait encore !Paul Éluard · Voix de synthèse
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