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Paul Eluard
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Défense de savoir

Paul Eluard

5 poèmes

L’aventure est pendue au cou de son rival

Paul Éluard

L’aventure est pendue au cou de son rival L’amour dont le regard se retrouve ou s’égare Sur les places des yeux désertes ou peuplées.
Toutes les aventures de la face humaine Cris sans échos signes de mort temps hors mémoire Tant de beaux visages si beaux Que les larmes les cachent Tant d’yeux aussi sûrs de leur nuit Que des amants mourant ensemble Tant de baisers sous roche et tant d’eau sans nuages Apparitions surgies d’absences éternelles Tout était digne d’être aimé Les trésors sont des murs et leur ombre est aveugle Et l’amour est au monde pour l’oubli du monde.

Les hommes errants plus forts que les nains habituels

Paul Éluard

Les hommes errants plus forts que les nains habituels Ne se rencontrent pas. L’on raconte Qu’ils se dévoreraient. La force de la force Carcasses de connaissances carcasses d’ânes Toujours rôdant dans les cerveaux et dans les chairs Vous êtes bien téméraires dans vos suppositions. Savante dégradation des blancs Au ventre à table tout le matériel nécessaire L’espoir sur tous les yeux met ses verres taillés Le cœur on s’aperçoit que malgré tout l’on vit Tandis qu’aux plages nues un seul homme inusable Confond toute couleur avec la ligne droite Mêle toute pensée à l’immobilité Insensible de sa présence éternelle Et fait le tour du monde et fait le tour du temps La tête prisonnière dans son corps lié.

Quel beau spectacle mais quel beau spectacle

Paul Éluard

Quel beau spectacle mais quel beau spectacle A proscrire. Sa visibilité parfaite Me rendrait aveugle.
Des chrysalides de mes yeux Naîtra mon sosie ténébreux Parlant à contre-jour soupçonnant devinant Il comble le réel Et je soumets le monde dans un miroir noir Et j’imagine ma puissance Il fallait n’avoir rien commencé rien fini J’efface mon image je souffle ses halos Toutes les illusions de la mémoire Tous les rapports ardents du silence et des rêves Tous les chemins vivants tous les hasards sensibles Je suis au cœur du temps et je cerne l’espace.

Ce que je te dis ne me change pas,

Paul Éluard

Ce que je te dis ne me change pas, Je ne vais pas du plus grand au plus petit. Regarde-moi : La perspective ne joue pas pour moi. Je tiens ma place Et tu ne peux pas t’en éloigner.
Il n’y a plus rien autour de moi Et : si je me détourne rien est à deux faces, Rien et moi.

J’en ai pris un peu trop à mon aise,

Paul Éluard

J’en ai pris un peu trop à mon aise, J’ai soumis des fantômes aux règles d’exception Sans savoir que je devais les reconnaître tous En toi qui disparais pour toujours reparaître.

À propos de Paul Eluard

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Cette bibliothèque présente une sélection des textes disponibles de Paul Eluard. Elle ne constitue pas une édition complète des recueils.

À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

L’aventure est pendue au cou de son rivalPaul Éluard · Voix de synthèse
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