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Paul Eluard

Aux grandes inondations de soleil

Paul Éluard

Aux grandes inondations de soleil Qui décolorent les parfums Aux confins des saisons magiques Aux soleils renversés Beaux comme des gouttes d’eau Les désirs se dédoublent Voici qu’ils ont choisi Les tortures les plus contraires Visage admirable tout nu Ridicule refusé comme rebelle Dépaysé Tournure secrète Chemins de chair et ciel de tête Et toi complice misérable Avec des larmes entre les feuilles Et ce grand mur que tu défends Pour rien Parce que tu croiras toujours Avoir fait le mal par amour Ce grand mur que tu défends Inutilement. Sous les paupières dans les chevelures Je berce celles qui pensent à moi Elles ont changé d’attitude Depuis les temps vulgaires Elles ont leur part de refus sur les bras Les caresses n’ont pas délivré leur poitrine Leurs gestes je les règle en leur disant adieu Le souvenir de mes paroles exige le silence Comme l’audace engage toute la dignité. Entendez-moi Je parle pour les quelques hommes qui se taisent Les meilleurs.
Aux grandes inondations de soleilPaul Éluard · Voix de synthèse
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