Villages de la lassitudeOù les filles ont les bras nusComme des jets d’eauLa jeunesse grandit en ellesEt rit sur la pointe des pieds. Villages de la lassitudeOù tous les êtres sont pareils.
La montagne la mer et la belle baigneuseDans la maison des pauvresSur le ciel fané qui leur tient lieu d’ombrageSe dissimulent mille et mille lampes sombres. Un champ de reflets joint les larmesFerme les yeuxTout est comblé. À la suite des imagesLa masse de la lumière roule vers d’autres rêves.
Le corps et les honneurs profanesIncroyable conspirationDes angles doux comme des ailes. — Mais la main qui me caresseC’est mon rire qui l’ouvreC’est ma gorge qui la retientQui la supprime. Incroyable conspirationDes découvertes et des surprises.
Une chanson de porcelaine bat des mainsPuis en morceaux mendie et meurtTu te souviendras d’elle pauvre et nueMatin des loups et leur morsure est un tunnelD’où tu sors en robe de sang À rougir de la nuitQue de vivants à retrouverQue de lumières à éteindreJe t’appellerai VisuelleEt multiplierai ton image
Il fait clair je me suis couvertComme pour sortir du jour Colère sous le signe atroceDe la jalousie l’injusticeLa plus savante Fais fuir ce ciel sombreCasse ses vitresDonne-les à manger aux pierres Ce faux ciel sombreImpur et lourd.
Il est extrêmement touchantDe ne pas savoir s’exprimerD’être trop évidemment responsableDes erreurs d’un inconnuQui parle une langue étrangèreD’être au jour et dans les yeux fermésD’un autre qui ne croit qu’à son existence. Les merveilles des ténèbres à gagnerInvisibles mais libératricesTout entières dans chaque têteFolles de solitudeAu déclin de la force et de la forme humaineEt tout est dans la têteAussi bien la force mortelle que la forme humaineEt tout ce qui sépare un homme de lui-mêmeLa solitude de tous les êtres
Par leur intelligence et leur adresseUne existence normale Par leur étrange goût du risqueUn chemin mystérieux À ce jeu dangereuxL’amertume meurt à leurs pieds.
Le sang coulant sur les dallesMe fait des sandalesSur une chaise au milieu de la rueJ’observe les petites filles créolesQui sortent de l’école en fumant la pipe.
Demain le loup fuira vers les sombres étoffes de la peurEt d’emblée le corbeau renaîtra plus rouge que jamaisPour orner le bâton du maître de la tribu.
Peut-il se reposer celui qui dortIl ne voit pas la nuit ne voit pas l’invisibleII a de grandes couverturesEt des coussins de sang sur des coussins de boue Sa tête est sous les toits et ses mains sont ferméesSur les outils de la fatigueIl dort pour éprouver sa forceLa honte d’être aveugle dans un si grand silence. Aux rivages que la mer rejetteIl ne voit pas les poses silencieusesDu vent qui fait entrer l’homme dans ses statuesQuand il s’apaise. Bonne volonté du sommeilD’un bout à l’autre de la mort.