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Paul Eluard

Seconde nature

Paul Éluard

En l’honneur des muets des aveugles des sourds À la grande pierre noire sur les épaules Les disparitions du monde sans mystère. Mais aussi pour les autres à l’appel des choses par leur nom La brûlure de toutes les métamorphoses La chaîne entière des aurores dans la tête Tous les cris qui s’acharnent à briser les mots Et qui creusent la bouche et qui creusent les yeux Où les couleurs furieuses défont les brumes de l’attente Dressent l’amour contre la vie les morts en rêvent Les bas-vivants partagent les autres sont esclaves De l’amour comme on peut l’être de la liberté.
Seconde naturePaul Éluard · Voix de synthèse
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