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Paul Eluard
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Répétitions

Paul Eluard

8 poèmes

Max Ernst

Paul Éluard

Dans un coin l’inceste agile Tourne autour de la virginité d’une petite robe Dans un coin le ciel délivré Aux épines de l’orage laisse des boules blanches.
Dans un coin plus clair de tous les yeux On attend les poissons d’angoisse. Dans un coin la voiture de verdure de l’été Immobile glorieuse et pour toujours.
À la lueur de la jeunesse Des lampes allumées très tard La première montre ses seins que tuent des insectes rouges.

Manie

Paul Éluard

Après des années de sagesse Pendant lesquelles le monde était aussi transparent qu’une aiguille Roucouler s’agit-il d’autre chose ? Après avoir rivalisé rendu grâces et dilapidé le trésor Plus d’une lèvre rouge avec un point rouge Et plus d’une jambe blanche avec un pied blanc Où nous croyons-nous donc ?

Suite

Paul Éluard

Dormir la lune dans un œil et le soleil dans l’autre Un amour dans la bouche un bel oiseau dans les cheveux Parée comme les champs les bois les routes et la mer Belle et parée comme le tour du monde.
Fuis à travers le paysage Parmi les branches de fumée et tous les fruits du vent Jambes de pierre aux bas de sable Prise à la taille à tous les muscles de rivière Et le dernier souci sur un visage transformé.

La parole

Paul Éluard

J’ai la beauté facile et c’est heureux. Je glisse sur le toit des vents Je glisse sur le toit des mers Je suis devenue sentimentale Je ne connais plus le conducteur Je ne bouge plus soie sur les glaces Je suis malade fleurs et cailloux J’aime le plus chinois aux nues J’aime la plus nue aux écarts d’oiseau Je suis vieille mais ici je suis belle Et l’ombre qui descend des fenêtres profondes Épargne chaque soir le cœur noir de mes yeux.

Nul

Paul Éluard

Il pose un oiseau sur la table et ferme les volets. Il se coiffe, ses cheveux dans ses mains sont plus doux qu’un oiseau.
*
Elle dit l’avenir. Et je suis chargé de le vérifier.
*
Le cœur meurtri, l’âme endolorie, les mains brisées, les cheveux blancs, les prisonniers, l’eau tout entière est sur moi comme une plaie à nu.

Lesquels ?

Paul Éluard

Pendant qu’il est facile Et pendant qu’elle est gaie Allons nous habiller et nous déshabiller

Rubans

Paul Éluard

L’alarme matérielle où, sans excuse, apparaît la douleur future. C’est bien : presque insensible. C’est un signe de plus de dignité. Aucun étonnement, une femme ou un gracieux enfant de toile fine et de paille, idées de grandeur, Leurs yeux se sont levés plus tôt que le soleil.
*
Les sacrifiés font un geste qui ne dit rien parmi la dentelle de tous les autres gestes, imaginaires, à cinq ou six, vers le lieu de repos où il n’y a personne. Constaté qu’ils se sont réfugiés dans les branches nues d’une politesse désespérée, d’une couronne taillée à coups de vent. Prendre, cordes de la vie. Pouviez-vous prendre plus de libertés ?
*
De petits instruments, Et les mains qui pétrissent un ballon pour le faire éclater, pour que le sang de l’homme lui jaillisse au visage. Et les ailes qui sont attachées comme la terre et la mer.

Ce n’est pas la poésie qui...

Paul Éluard

Avec des yeux pareils Que tout est semblable. École de nu. Tranquillement Dans un visage délié Nous avons pris des garanties Un coup de main aux cheveux rapides. La bouche de voluptueux inférieur joue et tombe Et nous lançons le menton qui tourne comme une toupie.

À propos de Paul Eluard

Tous les recueils de Paul Eluard

Cette bibliothèque présente une sélection des textes disponibles de Paul Eluard. Elle ne constitue pas une édition complète des recueils.

À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

Max ErnstPaul Éluard · Voix de synthèse
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