Je citerai pour commencer les élémentsTa voix tes yeux tes mains tes lèvres Je suis sur terre y serais-jeSi tu n’y étais aussi Dans ce bain qui fait faceÀ la mer à l’eau douce Dans ce bain que la flammeA construit dans nos yeux Ce bain de larmes heureusesDans lequel je suis entréPar la vertu de tes mainsPar la grâce de tes lèvres Ce premier état humainComme une prairie naissante Nos silences nos parolesLa lumière qui s’en vaLa lumière qui revientL’aube et le soir nous font rire Au cœur de notre corpsTout fleurit et mûrit Sur la paille de ta vieOù je couche mes vieux os Où je finis.
Sous le ciel grand ouvert la mer ferme ses ailesAux flancs de ton sourire un chemin part de moi Rêveuse toute en chair lumière toute en feuAggrave mon plaisir annule l’étendue Hâte-toi de dissoudre et mon rêve et ma vue.
Une rue abandonnéeUne rue profonde et nueOù les fous ont moins de peineQue les sages à pourvoirAux jours sans pain sans charbon C’est une question de tailleTant de sages pour un fouMais rien par-delà l’immenseMajorité du bon sensUn jour cru sans proportions La rue comme une blessureQui ne se fermera pasLe dimanche l’élargitLe ciel est un ciel d’ailleursRoi d’un pays étranger Un ciel rose un ciel heureuxRespirant beauté santéSur la rue sans avenirQui coupe mon cœur en deuxQui me prive de moi-même Dans la rue de rien personne.
Nous vivons dans l’oubli de nos métamorphosesLe jour est paresseux mais la nuit est activeUn bol d’air à midi la nuit le filtre et l’useLa nuit ne laisse pas de poussière sur nous Mais cet écho qui roule tout le long du jourCet écho hors du temps d’angoisse ou de caressesCet enchaînement brut des mondes insipidesEt des mondes sensibles son soleil est double Somme-nous près ou loin de notre conscienceOù sont nos bornes nos racines notre but Le long plaisir pourtant de nos métamorphosesSquelettes s’animant dans les murs pourrissantsLes rendez-vous donnés aux formes insenséesÀ la chair ingénieuse aux aveugles voyants Les rendez-vous donnés par la face au profilPar la souffrance à la santé par la lumièreÀ la forêt par la montagne à la valléePar la mine à la fleur par la perle au soleil Nous sommes corps à corps nous sommes terre à terreNous naissons de partout nous sommes sans limites.