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Paul Eluard

Quel beau spectacle mais quel beau spectacle

Paul Éluard

Quel beau spectacle mais quel beau spectacle A proscrire. Sa visibilité parfaite Me rendrait aveugle. Des chrysalides de mes yeux Naîtra mon sosie ténébreux Parlant à contre-jour soupçonnant devinant Il comble le réel Et je soumets le monde dans un miroir noir Et j’imagine ma puissance Il fallait n’avoir rien commencé rien fini J’efface mon image je souffle ses halos Toutes les illusions de la mémoire Tous les rapports ardents du silence et des rêves Tous les chemins vivants tous les hasards sensibles Je suis au cœur du temps et je cerne l’espace.
Quel beau spectacle mais quel beau spectaclePaul Éluard · Voix de synthèse
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