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Paul Eluard

Les hommes errants plus forts que les nains habituels

Paul Éluard

Les hommes errants plus forts que les nains habituels Ne se rencontrent pas. L’on raconte Qu’ils se dévoreraient. La force de la force Carcasses de connaissances carcasses d’ânes Toujours rôdant dans les cerveaux et dans les chairs Vous êtes bien téméraires dans vos suppositions. Savante dégradation des blancs Au ventre à table tout le matériel nécessaire L’espoir sur tous les yeux met ses verres taillés Le cœur on s’aperçoit que malgré tout l’on vit Tandis qu’aux plages nues un seul homme inusable Confond toute couleur avec la ligne droite Mêle toute pensée à l’immobilité Insensible de sa présence éternelle Et fait le tour du monde et fait le tour du temps La tête prisonnière dans son corps lié.
Les hommes errants plus forts que les nains habituelsPaul Éluard · Voix de synthèse
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