Par ma fenêtre jamais il ne pleut dans la ruetranquille comme un peignerestant sur le rebord de la vitrequi attend une femme silencieusecomme une mouette lasse volant depuis la mercomme une pierre qui s’enlace elle -mêmesur son dos dans le gris sac effrangéun citron furtivement change de forme Par ma fenêtre la rue se couvre de blanche neige blanchetout au long de l’hiver se montrent seulementsept chats perdus et un dormeur dans une auto cabosséehuit paires d’yeux identiquescomme des grains battus qui ignorent la colèreleur intimité me laisse déduireils ont promis de chacun se nourrir du cadavre de l’autrela preuve en est leur grande tendresse
Tu n’es pas ici ces marques de bicà peine écrites sont balayées par vent fortle vide comme un oiseau mort s’élève vers ton visagelune de funérailles à main briséerefeuilletant tes joursjusqu’à la page de l’absenceen écrivant tusavoures cet anéantissement Comme la trace sonore d’un autreos écrasés distraitement crachés dans un coinfrappement sonore creux de l’eau sur l’eaupénètre distraitement le soufflepénètre un fruit lointain cesse de voir autruices crânes éparpillés sont toi-mêmevieillissant en une nuit entre lignes et motsta poésie invisible traverse le monde
La tombe de mon père par de nombreuses tombes est profondémentRecouverte Les pierres s’écroulent comme des nuagesDe ce poids tassé une fine aile apparaîtEn sautillant je te retrouve quand tu étais encore bel hommeElancé fasciné par le petit éventail de fleurs virevoltantesDans le parc un baiser de chairs brûlantesLa résistance de l’air doit aussi être appriseLe mur appuie fermement sur l’épaule multicoloreLe crépuscule tombe contrastant avec un petit bon scintillantComme si ton cœur s’éveillait en sursaut en cet instantUne ville t’étouffe de par tes origines fatalesVieillesse Sans mots Seulement des gémissements provenant d’une gorge serréeJe comprends alors que plus la rébellion est fragile plus elle est extrêmeUne force qui engendre des tâches doréesRepoussent les vagues de ciment Seulement un pouce au-dessus du mondeUn papillon de mer n’aspire pas à faire migrer la terreurVole Tamara et le père limpidePortant son corps berçant les futurs exilés jusqu’au sommeilLa liste de cendres n’a pas d’horizonPerché sur l’adresse où tu enlèves le poids au réveilApproche l’abat-jour aux feuilles vert obscurQuand toi sans peur d’être brisé par une volute de parfumDeviens ce parfum remets une lettre comme un héritageLe cachet de la poste taché par les vagues : Berlin
Celles des plus petites des plus resplendissantes LolitasGardent dans la bouche des cris comme des aiguillesL’air microscopique regarde au loin les canines cachant des étincellesTu as grossi Ton accent encore lent ressemble aux flocons de neigeSuivant cette toile étrange des réverbèresAllant à un rendez-vous galant tel un livre de spécimensLa ferveur microscopique te jette dans le brouillon des ailesToujours réduit en miettes Restée dans une chambre vidéeTamara vagabondant gracieusement auprès de chaque poèteLa poudre semble une rêverie époussetée par ton oncleUn papillon est parfois plus difficile à comprendre qu’une calamitéToi Le grand cri de bonheur et le style ne sont pas innocentsFeuillète La balle qui a tué ton père verrouillée dans les airsEclot en manuels colorés La neige tombe encoreLes défunts tournent autour du pistil de la jeunesseMais sur la photo les yeux fixent l’instant le plus longVoler jusqu’au bout des cieux n’est absolument pas suffisantTu dois te comporter comme les pages d’un livre muer et te débarrasser de ta peau humaineL’éclosion délicate d’un œufJadis c’était la marguerite qui t’enserraitTamara tu emportes toujours un bosquet légèrement noir battant des deux ailesTa transformation chérie avec élégance se superposeSerrant le monde dans sa bouche Cloue la hauteur avec une aiguilleLe rugissement du tigre Complètement indifférent aux sourds et muets de la mémoire
Les ailes couvertes d’écailles de l’océan aussi légèrement séchéesRafraîchissent le cadre de la fenêtre de l’hôtel Tu t’y appuiesUne terre inconnue Sous son flanc se propage le bruissement des feuilles mortesUne soie froide et bleue liée à quelque coconPart loin exactement comme quand elle revientUn autre jour très chargé qui vient d’être vidéSur le dos du papillon comme sur celui d’une grueAu microscope le délicat duvet politLe style de la destruction Derrière les myriades un bateauIl se lève soudainement Le portNe s’ouvre pas dans toutes les directions Son échiquierTe permet de voir que tu es déjà partoutDans l’attente ta propre odeur petit à petitFlotte vers celle originelle du tabac La chair ressemble à une chrysalide qui irrite encore une foisTamara L’envol vers l’absolu contraste avec les ténèbres écrasantesÉcrire Une brillance qui domine toutes les écrituresÉcoute attentivement au dehors des fenêtres les battements d’ailesFouettant chaque caractère Précipice sur lequel tu t’assois solitaireLe ciel étoilé en haut comme en basTu évolues jusqu’ici l’œil doré lasLas de la menace d’être broyé par le ventS’appuyant en soi sur un sur des milliersD’horizons sinueux tremblants luttant pour naîtreLe prochain océan un poème pur qui s’en revient enfin
De ton visage ce mota le fin ciseléde marbre tant de fois repoli Jusqu’à ce que déchiré par l’oublioffert sanguinolenttu entendes les vomissements du dieu
La douleur doit avoir son propre recoin : minuitou la fenêtre. La muqueuse de la mer colle à la vitre.Avec lenteur la matière des ténèbres sourd de tes yeux.Le vin rouge est fanal de bateau la nuit.Tu entends l’estuaire des veines de ton corps crier un nom.L’adieu qui se refroidit feuillette un manuel.Au loin, un tableau noir est accroché en-deçà de la nudité de minuit.Les vagues n’en finissent pas de réciter les leçons d’un visage. Le poème renvoyant la lumière reflète la pensée des poissons avant leur naissance.Mille lignes horizontales ajournent le mot mer.La chair soumise des flots se brise contre ce jour qui ne peut être ajourné,tout comme chaque jour. Fixer le lointain est distanciation.Le verre qui crisse alentour est aspiré par tes poumons.L’angle mort, d’une lenteur plus qu’immobile, s’assied dansl’ivresse. L’ouragan filtré devient l’autre face du réel incolore.La souffrance, elle, est parfaite, est aveugle.