La rue à ma fenêtre
Par ma fenêtre jamais il ne pleut dans la rue
tranquille comme un peigne
restant sur le rebord de la vitre
qui attend une femme silencieuse
comme une mouette lasse volant depuis la mer
comme une pierre qui s’enlace elle -même
sur son dos dans le gris sac effrangé
un citron furtivement change de forme
Par ma fenêtre la rue se couvre de blanche neige blanche
tout au long de l’hiver se montrent seulement
sept chats perdus et un dormeur dans une auto cabossée
huit paires d’yeux identiques
comme des grains battus qui ignorent la colère
leur intimité me laisse déduire
ils ont promis de chacun se nourrir du cadavre de l’autre
la preuve en est leur grande tendresse