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Yang Lian

La rue à ma fenêtre

Par ma fenêtre jamais il ne pleut dans la rue tranquille comme un peigne restant sur le rebord de la vitre qui attend une femme silencieuse comme une mouette lasse volant depuis la mer comme une pierre qui s’enlace elle -même sur son dos dans le gris sac effrangé un citron furtivement change de forme Par ma fenêtre la rue se couvre de blanche neige blanche tout au long de l’hiver se montrent seulement sept chats perdus et un dormeur dans une auto cabossée huit paires d’yeux identiques comme des grains battus qui ignorent la colère leur intimité me laisse déduire ils ont promis de chacun se nourrir du cadavre de l’autre la preuve en est leur grande tendresse
La rue à ma fenêtreYang Lian · Voix de synthèse
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