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Yang Lian

Berlin

La tombe de mon père par  de nombreuses tombes est profondément Recouverte  Les pierres s’écroulent comme des nuages De ce poids tassé une fine aile apparaît En sautillant je te retrouve  quand tu étais encore bel homme Elancé  fasciné par le petit éventail de fleurs virevoltantes Dans le parc un baiser de chairs brûlantes La résistance de l’air doit aussi être apprise Le mur  appuie fermement sur l’épaule multicolore Le crépuscule tombe  contrastant avec un petit bon scintillant Comme si ton cœur s’éveillait en sursaut en cet instant Une ville t’étouffe de par tes origines fatales Vieillesse  Sans mots  Seulement des gémissements provenant d’une gorge serrée Je comprends alors que plus la rébellion est fragile plus elle est extrême Une force qui engendre des tâches dorées Repoussent les vagues de ciment  Seulement un pouce au-dessus du monde Un papillon de mer  n’aspire pas à faire migrer la terreur Vole  Tamara et le père  limpide Portant son corps  berçant les futurs exilés jusqu’au sommeil La liste de cendres n’a pas d’horizon Perché sur l’adresse  où tu enlèves le poids au réveil Approche l’abat-jour aux feuilles vert obscur Quand toi  sans peur d’être brisé par une volute de parfum Deviens ce parfum  remets une lettre comme un héritage Le cachet de la poste taché par les vagues : Berlin
BerlinYang Lian · Voix de synthèse
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