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Yang Lian

Vieillesse

Les ailes couvertes d’écailles de l’océan aussi légèrement séchées Rafraîchissent le cadre de la fenêtre de l’hôtel  Tu t’y appuies Une terre inconnue  Sous son flanc se propage le bruissement des feuilles mortes Une soie froide et bleue liée à quelque cocon Part loin  exactement comme quand elle revient Un autre jour très chargé  qui vient d’être vidé Sur le dos du papillon comme sur celui d’une grue Au microscope  le délicat duvet polit Le style de la destruction  Derrière les myriades  un bateau Il se lève soudainement  Le port Ne s’ouvre pas dans toutes les directions  Son échiquier Te permet de voir que tu es déjà partout Dans l’attente  ta propre odeur petit à petit Flotte vers celle originelle du tabac  La chair ressemble à une chrysalide qui irrite encore une fois Tamara  L’envol vers l’absolu  contraste avec les ténèbres écrasantes Écrire  Une brillance qui domine toutes les écritures Écoute attentivement au dehors des fenêtres les battements d’ailes Fouettant chaque caractère Précipice sur lequel tu t’assois solitaire Le ciel étoilé en haut comme en bas Tu évolues jusqu’ici  l’œil doré las Las de la menace d’être broyé par le vent S’appuyant en soi sur un  sur des milliers D’horizons  sinueux  tremblants luttant pour naître Le prochain océan un poème pur qui s’en revient enfin
VieillesseYang Lian · Voix de synthèse
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