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Yang Lian

Nabokov

Celles des plus petites  des plus resplendissantes Lolitas Gardent dans la bouche des cris comme des aiguilles L’air microscopique  regarde au loin les canines cachant des étincelles Tu as grossi  Ton accent encore lent ressemble aux flocons de neige Suivant cette toile étrange des réverbères Allant à un rendez-vous galant tel un livre de spécimens La ferveur microscopique te jette dans le brouillon des ailes Toujours réduit en miettes  Restée dans une chambre vidée Tamara vagabondant gracieusement auprès de chaque poète La poudre semble une rêverie époussetée par ton oncle Un papillon est parfois plus difficile à comprendre qu’une calamité Toi  Le grand cri de bonheur et le style ne sont pas innocents Feuillète  La balle qui a tué ton père verrouillée dans les airs Eclot en manuels colorés  La neige tombe encore Les défunts tournent autour du pistil de la jeunesse Mais sur la photo les yeux fixent l’instant le plus long Voler jusqu’au bout des cieux n’est absolument pas suffisant Tu dois te comporter comme les pages d’un livre  muer et te débarrasser de ta peau humaine L’éclosion délicate d’un œuf Jadis c’était la marguerite qui t’enserrait Tamara  tu emportes toujours un bosquet légèrement noir battant des deux ailes Ta transformation chérie avec élégance se superpose Serrant le monde dans sa bouche  Cloue la hauteur avec une aiguille Le rugissement du tigre  Complètement indifférent aux sourds et muets de la mémoire
NabokovYang Lian · Voix de synthèse
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