Tempêtes dans le ciel, ne m’invitez pas à vous suivre dans votre errance sans but, de ci de là, franchissant les montagnes et ravivant les champs – Je suis si terre à terre que je ne le supporterais pas. Parfums de fleurs sauvages, ne bruissez pas pour moi.Si je devais me transformer en senteur floraleCe serait pour parfumer le temps, l’espace d’un instant – Avant de disparaître à jamais. Oiseaux dans les arbres, ne chantez pas pour moi.Vous qui êtes nés avec des ailes, vous volezDe branche en branche En chantant de fleur en fleur. Tout, absolument tout vous détourne de moi.Je repose dans le nid du premier amour,répétant encore et encore avec ma petite voix le murmure qui ne change jamais.
Me voilà dragonet je me tords de douleur,ou bien sanglier,me voilà qui grogne; sinonnul être humain ne sera... Honte à celle quine sait souffrir sans un mot,considérait-on...II me faut souffrir aussides préceptes de ma mère... Par intermittencecomme si l'on frottait luthà grands coups d'archet,l'utérus désormais videlance à nouveau ses douleurs
Je t'en supplie, mon frère, ne meurs pas!"(Pleurant mon frère Sôshichi qui participeau blocus d'artillerie de Port-Arthur) Je te pleure, ô mon jeune frère bien-aimé,je t'en supplie, mon frère, ne meurs pas!Comme tu es de la famille le dernier-néL'amour de nos parents pour toi est infini.Tes parents t'ont-ils appris à manier le sabre,t'ont-ils appris à tuer les autres hommes,t'ont-ils élevé durant ces vingt-quatre annéesen te conseillant de tuer et de mourir? Tu dois hériter du nom de notre père,avec fierté lui succéder au magasin,maitre de ce vieux commerce de Sakai...Je t'en supplie, mon frère, ne meurs pas!Que les murs de Port-Arthur s'écroulent ou non,cela a-t-il la moindre importance pour toi?Ne sais-tu, dis-moi, qu'il n'existe rien de teldans les principes des familles de marchands? Je t'en supplie, mon frère, ne meurs pas!Sa Majesté l'Empereur, comment pourrait-Il,alors que lui-même ne se rend au combat,alors que sa compassion est très profonde,comment dans ce cas pourrait-Il considérerque mourir soit pour les hommes un grand honneur,comment pourrait-Il exiger d'eux qu'ils meurent,pareils à des animaux, en versant leur sang? Ô, frère bien-aimé, ne meurs pas au combat!Je t'en supplie, mon frère, ne meurs pas!Maman, que notre père à l'automne derniera laissée derrière lui en mourant le premier,a beaucoup souffert, quand, au coeur de sa peine,seule à la maison, son fils est parti se battre.On parle de paix sous le grand Règne Impérial...Les cheveux de notre mère tournent au blanc... Effondrée derrière les rideaux du commerce,elle pleure, ta jeune et fragile épouse...L'as-tu oubliée, ou penses-tu à elle?Seule après moins de dix mois de mariage...Imagine ce qu'en son coeur elle doit ressentir...Sur qui, sur qui donc pourrait-elle s'appuyer,Si ce n'est sur toi seul en ce monde?Je t'en supplie, mon frère, ne meurs pas!