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Huáng Jing Rén
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Œuvres complètes

Huáng Jing Rén

4 poèmes

Dans la trame enchevêtrée du souvenir

Si souvent sous les fleurs assis, soufflant dans mon flutiau, Voie lactée, murs écarlates que j'observe de loin, C'étaient ces étoiles, ces-astres-là, mais non la nuit d'hier. Pour qui au vent, à la rosée, suis-je debout au milieu de la nuit Obsession inextricable jusqu'au bout d'un cocon débobiné, Fil du temps déroulé, cœur meurtri, dépouille du bananier, L'âge des quinze ans, la lune du quinzième jour, Détresse que dans un verre l'alcool n'a pas dissous.

Jour de printemps

Tout entier le flot azurin du Rappel-des-âmes enfle et déborde, Les massifs lointains se sont lourdement fardés de vapeurs qu'on dirait poussière. Soudain le vent, soudain la pluie, le printemps attriste le voyageur, Brusque douceur, brusque froideur, cette saison m'accable. L'exhalaison des herbes au loin imprègne un cavalier solitaire jusqu'à l'ensevelir, La verdure des peupliers s'incline pour couvrir quelques pauvres foyers. Vers l'horizon vole la bourre des saules, où s'en retourne-t-elle? Je n'ai pas atteint le dernier étage que la mélancolie m'envahit l'esprit.

La vingtième nuit

À la fenêtre délabrée sur le bananier la pluie et la nuit font encore tressaillir, Dans les rideaux de papier le vent s'en est venu bruisser, L'encre qui couvre la lettre aux miens renâcle, s'estompe et s'affadit, La chandelle au voyageur semble plus distincte que ses pensées. Cet alcool fade et clair comme l'eau à mon chagrin n'oppose nulle résistance, D'un rêve bref naît un nuage d'ouate doué de passion, Un étrange démon approche une coquette pour une longue nuit d'idylle, Assis je pince les cordes sur le chevalet jusqu'à la troisième veille.

Soir d'automne

Au palais de cannelle, silencieux, désert, s'entend un lent suintement, Pour une seule pousse de pensées d'automne, deux parcelles de connivence. J'envie cette fille et son bouvier qui se rencontrent une fois l'an : Pour qui au vent, à la rosée, suis-je là debout si longtemps? Mon cœur comme les graines de lotus garde une saveur amère, Ma tristesse ressemble au fil jamais encore rompu de la soie au printemps. Coupés en deux et écartés, les éclats de cymbidie en même temps dépérissent, Cette vie n' pour finir nulle tendresse en partage.

À propos de Huáng Jing Rén

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Cette bibliothèque présente une sélection des textes disponibles de Huáng Jing Rén. Elle ne constitue pas une édition complète des recueils.

À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

Dans la trame enchevêtrée du souvenirHuáng Jing Rén · Voix de synthèse
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