Jour de printemps
Tout entier le flot azurin du Rappel-des-âmes enfle et déborde,
Les massifs lointains se sont lourdement fardés de vapeurs qu'on dirait poussière.
Soudain le vent, soudain la pluie, le printemps attriste le voyageur,
Brusque douceur, brusque froideur, cette saison m'accable.
L'exhalaison des herbes au loin imprègne un cavalier solitaire jusqu'à l'ensevelir,
La verdure des peupliers s'incline pour couvrir quelques pauvres foyers.
Vers l'horizon vole la bourre des saules, où s'en retourne-t-elle?
Je n'ai pas atteint le dernier étage que la mélancolie m'envahit l'esprit.