Le ciel est bas —les nuages sales.Un flocon de neige errantPar une grange ou une ornièreDélibère s'il s'en ira— Un petit vent tout le jourSe plaint de son sort—La nature, comme nous, parfois se fait prendreSans son diadème.
Il n'y a pas de frégate comme un livrePour nous emporter en terre lointaineNi de coursier comme une pageDe fougueuse poésie— Le plus pauvre peut être du voyageSans l'injure du péage—Qu'il est frugal le chariotQui transporte l'âme humaine.
A Abraham on fit comprendreQu'il fallait le tuer—Isaac était un moutard,Abraham, un vieillard— Sans hésitationAbraham se soumit—Amadouée par tant d'obéissanceLa tyrannie tempéra— Isaac —à ses enfantsVécut pour raconter la fable—Morale: avec un mastiffLes manières prévalent.
Doux scepticisme du cœur—Qui sait —et ne sait pas—Et tangue ainsi qu'une flotilleDe parfums affrontant la neigeQui appelle et diffère la véritéCraignant la sèche certitudeComparée à l'exquis tourmentPassion frémissant de peur—
La poussière est le seul secret—La mort, la seuleDont on ne puisse tout apprendreDans son «village natal». Personne n'a connu «son Père»—N'a jamais été un enfant—N'a jamais eu de camarades,Ou de «vieilles histoires» — Laborieuse! Laconique!Ponctuelle! Paisible!Hardie comme un bandit!Plus silencieuse qu'une flotte! Bâtit comme un oiseau, aussi!Le Christ vole le nid—Un merle, puis un autre,Passés en fraude à l'éternité!
Aussi imperceptiblement que le chagrinL'été s'en est allé—Trop imperceptible enfinPour ressembler à quelque perfidie—Une quiétude s'est distilléeComme un demi-jour commencé de longtemps,Ou la Nature qui aurait passé avec elle-mêmeUn après-midi retiré—L'obscurité s'est ramassée plus tôt—Le matin, étranger, a brillé—Courtoise, pourtant déchirante grâce,Comme invitée, mais qui s'en serait allée—Et ainsi, sans une aile,Ni l'aide d'une quilleNotre été, léger, a pris la fuiteVers la beauté.
Il était faible, et j'étais forte —alorsIl m'a laissé l'emmener—J'étais faible, et il était fort —alorsJe l'ai laissé m'emmener —chez moi. Ce n'était pas loin —la porte était à côté—Il ne faisait pas noir —puisqu'il est venu —aussi—Il n'y avait pas de bruit —puisqu'il n'a rien dit—C'est tout ce qui m'importait. Le jour a frappé —et il a fallu nous quitter—Ni l'un ni l'autre n'étions plus forts —à présent—Il luttait —et je luttais —aussi—Nous ne l'avions pas fait —pourtant!
Le ciel —est ce que je ne peux pas atteindre!La pomme dans l'arbre—Pourvu qu'elle pende —vraiment— sans espoir—Voilà ce qu'est —le ciel —pour moi! La couleur, sur le nuage en voyage—Le pays interdit—Derrière la colline —la maison derrière—Là —se trouve —le paradis! Ses pourpres agaçants —les après-midi—L'appât —crédule—Enamouré —du Conjurateur—Qui nous a repoussés du pied —hier!
Folles nuits —folles nuits!Si j'étais avec toiDe folles nuits seraientNotre luxure! Futiles —les vents—Pour un cœur au port—Plus de boussole—Plus de carte! Ramant dans l'Eden—Oh! la mer!Si je pouvais amarrer —ce soir—En toi!
Je me dis, la terre est brève—Et l'angoisse —absolue—Et nombreux —les blessés,Mais, qu'importe? Je me dis, nous pourrions mourir—La meilleure vitalitéNe peut vaincre la déchéance,Mais, qu'importe? Je me dis qu'au ciel—De toute façon, ce sera égal—D'après une équation nouvelle—Mais, qu'importe?
J'étais morte pour la beauté, mais à peineEtais-je installée dans la tombeQu'un autre, mort pour la vérité,Fut mis dans une chambre à côté— Doucement il demanda «pourquoi j'étais tombée»;«Pour la beauté», répondis-je—«Et moi, pour la vérité, c'est tout un—Nous sommes frère et sœur», dit-il— Et ainsi, comme des parents rencontrés la nuit,Nous parlions d'une chambre à l'autre—Jusqu'à ce que la mousse atteignît nos lèvres—Et recouvrît —nos noms—
J’entendis une Mouche bourdonner – quand je mourus–Le Calme dans la ChambreÉtait comme le Calme dans l’Air –Entre les Soubresauts de l’Orage – Les Yeux alentour – essorés, secs –Et les souffles retenusPour le dernier Assaut – lorsque le RoiApparaîtrait – dans la Chambre – Je léguais mes Menus Objets – et DonnaisCette part de moiQui se peut donner – et c’est lorsQu’une Mouche s’interposa – Avec un Bourdonnement Bleu – incertain, trébuchant –Entre la lumière – et moi –Et puis les Vitres s’évanouirent – et puisJe n’y vis plus pour voir –
Je n'ai pas eu le temps d'haïr—Parce queLa tombe m'aurait fait obstacle—Et la vie n'était pas siVaste queJe pusse achever —l'hostilité— Je n'ai pas eu le temps d'aimer non plusMais puisqu'ilFallait bien quelque activité—Le petit labeur de l'amour—Ai-je penséMe suffisait bien assez—
Mien —par le droit de la blanche élection!Mien —par le sceau royal!Mien —par le signe dans la prison écarlate—Que les barreaux —ne peuvent cacher! Mien —ici —dans la vision —et le veto!Mien —par l'abrogation du tombeau—Titré —confirmé—Délirant privilège!Mien —aussi longtemps que le temps fuit!
Le cœur demande le plaisir —d'abordEt puis —une dispense de la douleur—Et puis —ces petits tranquillisantsQui calment la souffrance— Et puis —il demande à dormir—Et puis —si c'estLa volonté de son inquisiteurLe privilège de mourir—
On dit que le temps guérit—Le temps jamais n'a guéri—Une souffrance réelle s'affermitComme les nerfs avec l'âge— Le temps est l'épreuve de la peine—Mais pas un remède—S'il se montre tel, il montre aussiQu'il n'y avait pas de maladie—