Le bleu météore dont je parle, c'est celui de la nuit, celle qui me déborde lorsque je lève les yeux au ciel comme celle qui m'habite intérieurement. Le bleu des profondeurs d'où affleurent mes émotions comme celui du fond discret de la vie, sur lequel le temps agit lentement. C'est le bleu de l'océan qui bat en moi, celui de mon enfance au bord des côtes mauriciennes, mais c'est aussi le bleu des hématomes, des ecchymoses d'un esprit sans cesse en convalescence, toujours à la limite sensible entre la léthargie et la lucidité.
Ce recueil, c'est tout ça à la fois. Un livre d'insomnie, un livre d'angoisse, de métaphysique heurtée, à la recherche de ce qui émane du vide, comme de ces petits moments de rien qui font le précieux de la vie. Un livre fait de bric et de broc, de lambeaux de moi-même, de souvenirs écorchés à la frange de l'oubli. Un livre incomplet, de petits commencements inachevés, qui parlera tout bas à ceux qui sauront écouter derrière le bruit du monde, le chuchotement discret des choses.