Choisir la poésie comme un non-langage, comme un monde autonome, un peu à part, pour y réécrire ce qui ne s’avère pas être possible ou explicable dans cette vie, pour dire l’indicible sous une forme sensible et universelle. C’est l’histoire d’une rencontre, l’histoire d’une histoire, paraît-il. A-t-elle existé ailleurs que sur ces pages ? D’elles découlent néanmoins la nécessité de se libérer de ce fardeau qu’est le manque et l’éternelle frustration de l’inachevé, mais aussi celle de comprendre ses propres mécanismes et blessures, qui expliquent cette sensation de toujours vivre "à côté" des choses que l’on traverse, sans jamais vraiment réussir à y rester. Ce recueil se veut être une béquille pour tou.te.s les éclopé.e.s de l’amour, sous toutes ses formes et dans toutes ses acceptions, même lorsque celui-ci doit s’écrire à l’imparfait, ce temps de la narration, de la routine, de ce qui fait officiellement parti d’un passé mais reste important dans le présent. L’imparfait, ou toutes ces petites irrégularités qui donnent aux choses leur forme singulière, laissant une possibilité de réparation ou d’interprétation.