Le ciel rempli d’étoiles et le soleil,l’univers entier palpitant de vie,Au milieu de tout, j’ai trouvé maplace –Et émerveillé, jaillit ma chanson.Le sang qui court dans mes veinesressentLe mouvement du temps quisecoue le monde –Et émerveillé, jaillit ma chanson.Marchant doucement sur l’herbedu sentier de la forêt,Mon esprit rempli du parfumenivrant des fleurs.La joie tout autour –Et émerveillé, jaillit ma chanson.J’ai ouvert grand les yeux,confiant mes peines à la terre,A la quête de l’inconnu au seindu connu –Et émerveillé, jaillit ma chanson.
Je sens que toutes les étoiles palpitent en moi.Le monde jaillit dans ma vie comme une eau courante;les fleurs s'épanouiront dans mon être.Tout le printemps des paysages et des rivièresmonte comme un encens dans mon cœur, et le soufflede toutes choses chante en mes pensées comme une flûte. Quand la terre est endormie je viens à ta porte.Les étoiles sont muettes et j'ai peur de chanter;J'attends et je veille, jusqu'à ce que ton ombrepasse sur le balcon de la nuit alors je m'en retourneavec un cœur rempli de toi.Puis au matin, je chante sur le bord de la route;les fleurs de la haie me répondent, et l'air matinal écoute.Les voyageurs s'arrêtent soudain pour me regarderen face: ils croient que je les ai appelés par leur nom.
Nos mains s'enlacent, nos yeux se cherchent. Ainsi commence l'histoire de nos coeurs. C'est une nuit de mars éclairée par la lune ; l'exquise odeur du henné flotte dans l'air ; ma flûte est à terre abandonnée et la guirlande de fleurs est inachevée. Cet amour entre toi et moi est simple comme une chanson. Ton voile couleur de safran enivre mes yeux. La couronne de jasmin que tu me tresses réjouit mon coeur comme une louange. C'est un jeu alterné de dons et de refus, d'aveux et de mystères ; de sourires et de timidités, de douces luttes inutiles. Cet amour entre toi et moi est simple comme une chanson. Nul mystère au-delà du présent ; nulle aspiration vers l'impossible ; pur enchantement ; nul tâtonnement dans la profondeur de l'ombre. Cet amour entre toi et moi est simple comme une chanson. Nous ne nous égarons pas, hors des paroles, dans le silence éternel. Nous ne tendons pas nos mains vers le néant des espoirs impossibles. Il nous suffit de donner et de recevoir. Nous n'avons pas écrasé les grappes de la jouissance jusqu'à en exprimer le vin de la douleur. Cet amour entre toi et moi est simple comme une chanson.
J'ai chéri ce mondeEt l'ai entouré comme une vrille végétale avec chaque fibre de mon être !La lumière et la ténèbre de la lune mêlée au soirOnt flotté parmi ma conscience, en elle se sont fondues,Tant qu'à la fin ma vie et l'universSont un !J'aime la lumière du monde, j'aime la vie en elle-même. Pourtant ce n'est pas une moindre vérité que je dois mourir.Mes mots, ils cesseront un jour de fleurir parmi l'espace ;Mes yeux, jamais ils ne pourront plus se livrer à la lumière ;Mes oreilles s'entendront plus les messages mystérieux de la nuit,Et mon coeurIl ne viendra plus en hâte au fougueux appel du soleil levant !Il faudra que je prenne finAvec mon dernier regard,Avec ma dernière parole ! Ainsi le désir de vivre est une grande vérité,Et l'adieu absolu, une autre grande vérité.Pourtant doit se produire entre eux une harmonie !Sinon la créationN'aurait pu supporter si longtemps sourianteL'énormité de la fraude !Sinon la lumière aurait déjà noirci, comme la fleur dévorée par le ver !
Il semble que je vous aie aimée sous d'innombrables formes, d'innombrables fois ...Vie après vie, âge après âge, pour toujours.Mon cœur envoûté a fait et refait le collier de chansons,Que vous prenez en cadeau, à porter autour du cou sous vos multiples formes,Vie après vie, âge après âge, pour toujours. Chaque fois que j'entends de vieilles chroniques d'amour, c'est une douleur séculaire,C'est une histoire ancienne d'être séparés ou ensemble.Alors que je regarde sans cesse dans le passé, à la fin vous émergez,Revêtus de la lumière d'une étoile polaire, perçant l'obscurité du temps.Vous devenez une image de ce dont on se souviendra pour toujours. Vous et moi avons flotté ici sur le ruisseau qui apporte de la fontaine.Au cœur du temps, l'amour les uns des autres.Nous avons joué aux côtés de millions d'amants,Partagé dans la même douceur timide de la rencontre,les larmes douloureuses de l'adieu,Un vieil amour mais dans des formes qui se renouvellent et se renouvellent encore, pour toujours. Aujourd'hui il est entassé à vos pieds, il a trouvé sa fin en vousL'amour de tous les jours de l'homme, passés et éternels:Joie universelle, douleur universelle, vie universelle.Les souvenirs de tous les amours fusionnant avec cet amour unique -Et les chansons de tous les poètes du passé et pour toujours.
Mes chantsCe sont les mousses flottantes :Elles ne sont pas fixéesSur leur lieu de naissance ;Elles n'ont point de racines -- seulement des feuilles -- seulement des fleurs.Elles boivent la lumière joyeuseEt dansent, dansent sur les vagues.Elles ne connaissent pas de port,N'ont point de moisson,Hôtes inconnues étranges ! incertaines en tous leurs mouvements.Et quand soudain les pluies tumultueuses de CrâvanaDescendent en nuages sans fin,Noyant les rivages de leur flottant déluge,Mes mousses-chansonsSoudainement sans repos, inspirées d'une vie sauvage,Recouvrent tous les chemins de l'inondation,Plongent dans la poursuite qui n'a plus de chemins,Flottent de terre en terre,De régions en régions,Mes chansons !
Sur les rivages de l'Inde,Des hommes de toutes les races se sont rassemblés.Réveille-toi, Ô mon Esprit !Me tenant ici les mains tendues, J'adresse mes salutations au Dieu de l'Humanité,Et d'un ton solennel je chante Ses louanges.A cet appel nul ne sait comment,Vinrent des foules d'êtres humains,S'immerger dans la mer de l'Inde.Aryens, Non-Aryens, Dravidiens,Huns, Pathans et Mogholstous se sont unis en un corps.Aujourd'hui l'Occident a ouvert ses portes,Et depuis lors pleuvent les présents.Qu'ils donnent ou qu'ils prennent,Tous sont accueillis sur les rivages de l'Inde,Où des hommes de toutes les races se sont rassemblés. Dans une folle excitation, chantant des hymnes de victoire,Ils sont venus, traversants déserts et montagnes;Ils résident tous en moiEt dans mon sang résonnent leurs mélodies variées.Ô Toi la Terrible !Laisse les cieux résonner de ta musique;Même ceux que nous avons écarté par dédain,S'assembleront autour de toi, Ô Inde,Où des hommes de toutes les races se sont rassemblés. Ici un jour dans le coeur des hommesLe message de l'Unique a résonné.Dans le feu des sacrificesToutes les différences furent oubliées,Et la multitude fusionna en Un.Autour de ce feu de sacrifice,Têtes baissées nous devons nous rencontrerEt nous unir,Sur les rivages de l'Inde,Où des hommes de toutes les races se sont rassemblés.Dans ce feuBrille la flamme sanglante de la souffrance.Ô mon Esprit, supporte cette souffranceEt écoute l'appel de l'Unique.Conquières toute honte, toute peur,Et laisse s'évanouir toutes tes humiliations.Quelle grande vie jailliraA la fin des jours de la souffrance !La nuit s'achève,La Grande Mère s'éveille,Sur les rivages de l'Inde,Où des hommes de toutes les races se sont rassemblés.Viens, Ô Aryen et Non-Aryen,Hindou et musulman,Viens, Ô Anglais et toi Chrétien,Viens, Ô brahmine,Purifie ton esprit et serre les mains de tous;Viens, Ô vagabond,Et laisse s'évanouir tous les poids de ton humiliation.Ne vous arrêtez pas et venez tousSur les rivages de l'Inde,Où des hommes de toutes les races se sont rassemblés.