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Paul Eluard

Dans Varsovie la ville fantastique

Paul Éluard

Qui n’a pas vu les ruines du Ghetto Ne connaît pas le destin de son corps Quand mort le fête et que son cœur pourrit Quand son unique absence fait le vide Pour qui a vu les ruines du Ghetto Les faits humains ne sont pas à refaire Tout doit changer sinon la mort s’installe Mort est à vaincre ou bien c’est le désert Or c’est ici que se montre le monstre Fier de sortir du cœur même de l’homme De l’homme enchaîné de l’homme rompu Qui ne voit plus clair qui ne pense plus Le Ghetto mort son ombre est sous le monstre Mais son courage fut d’amours communes D’amours passées qui renaîtront futures Nouées fleuries de tête et de racines Et sous le ciel ployant de Varsovie La longue peine et la souffrance insigne Défont refont un rêve de bonheur L’espoir compose un arc-en-ciel des routes L’homme en terre fait place à l’homme sur la terre.
Dans Varsovie la ville fantastiquePaul Éluard · Voix de synthèse
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