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Paul Eluard

L’égalité des sexes

Paul Éluard

Tes yeux sont revenus d’un pays arbitraire Où nul n’a jamais su ce que c’est qu’un regard Ni connu la beauté des yeux, beauté des pierres, Celle des gouttes d’eau, des perles en placards, Des pierres nues et sans squelette, ô ma statue, Le soleil aveuglant te tient lieu de miroir Et s’il semble obéir aux puissances du soir C’est que ta tête est close, ô statue abattue Par mon amour et par mes ruses de sauvage. Mon désir immobile est ton dernier soutien Et je t’emporte sans bataille, ô mon image, Rompue à ma faiblesse et prise dans mes liens.
L’égalité des sexesPaul Éluard · Voix de synthèse
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