Un corps
Paul Éluard
De ce côté c’est l’été
La musique à la volière
La langue au palais d’oiseaux
La rivière à la sorcière
Dont le flot brûle entre mes mains
Est-elle brune
À la chair dure
Marquée de bleu
Très dure dorée de force
Une tulipe le soir
Des caresses de raisin
Est-elle blanche
Tendre rousse et orangée
Que la chaleur affaiblit
Herbe claire perle inerte
Toute une plage timide
Tombée d’un ciel de coton
Nul jeu ne nous divertit
Nos armes ont peu d’espace
C’est un bel été sans voiles
Le lourd devoir de l’été.