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Paul Eluard

Rencontres

Paul Éluard

à Germaine et Georges Hugnet I Doux monstre tu tiens la mort dans ton bec Doux monstre à tes seins perle le bon lait Dans tes yeux heureux mes yeux malheureux Vont faucher le blé tarir les fontaines Détourner de toi les routes humaines. II Les ours cruels et ravissants Nés le jour même de la guerre Prononcent des vœux innocents. III La cellule du prisonnier Qui n’était pas trop grande pour une araignée. IV Orvet fléau de la balance Entre deux haines transparentes. V Attention tes plumes débordent Tu trembles de ne pas voler. VI Me voici né quelle erreur Dit l’ami chien pour toujours. VII Les champs roses verts et jaunes Sont des insectes éclatants Partis De mon infini champ de mai. VIII Maisons et rues éteintes en mes oreilles Je rêve de vous corbeaux qui chantez le silence Corbeaux le bec enfariné Si vieux Qu’ils ne se savent plus au monde. IX Ici mille pies contrarient Mille petites lunes diurnes. X Pour nous faire oublier le froid Sur la neige un doigt dessina La silhouette blonde d’un lion. XI Prenez garde à vos pattes L’homme a les pieds en sang.
RencontresPaul Éluard · Voix de synthèse
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