Mourir
Paul Éluard
Plus une plainte plus un rire
Le dernier chant s’est abattu
Sur la campagne informe et noire
Solitude aux hanches étroites
Marraine des trésors perdus
Il n’y a de murs que pour moi
Mille misères conjuguées
Peuvent faire le plus grand rêve
Mourir fortes mourir d’espoir
Moi mon image s’est fanée
Unique à sa propre lumière
J’oublie et je suis oublié
Entre les murs l’ombre est entière
Et je descends dans mon miroir
Comme un mort dans sa tombe ouverte.