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Paul Eluard

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Paul Éluard

Les pieds dans des souliers d’or fin Les jambes dans l’argile froide Debout les murs couverts de viandes inutiles Debout les bêtes mortes Voici qu’un tourbillon gluant Fixe à jamais rides grimaces Voici que les cercueils enfantent Que les verres sont pleins de sable Et vides Voici que les noyés s’enfoncent Le sang détruit Dans l’eau sans fond de leurs espoirs passés Feuille morte molle rancœur Contre le désir et la joie Le repos a trouvé son maître Sur des lits de pierre et d’épines La charrue des mots est rouillée Aucun sillon d’amour n’aborde plus la chair Un lugubre travail est jeté en pâture À la misère dévorante À bas les murs couverts des armes émouvantes Qui voyaient clair dans l’homme Des hommes noircissent de honte D’autres célèbrent leur ordure Les yeux les meilleurs s’abandonnent Même les chiens sont malheureux.
FinirPaul Éluard · Voix de synthèse
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