Aller au poème
Paul Eluard

Tout aiguisé de soif tout affamé de froid

Paul Éluard

Une sublime chaleur bleue S’appuie aux tempes des fenêtres Belle alignée de plumes jusqu’aux limbes La parfumée la rose adulte le pavot et la fleur vierge de la torche Pour composer la peau enrobée de femmes nues Des vannes luisent dans la porte Il faut passer malgré le tour câlin qu’a pris la lutte Passer les coteaux les grands lits végétaux Saupoudrés de soleil Et continuer L’orage de la belle saison est comme une main sans doigts Comme un chat dans un sac Une fumée d’autruche annonce l’été tumultueux Émaillé de poisons Les soifs varient vont par des brumes dégradées Jusqu’à l’auberge au flot De pierres brûlantes à cheval sur des buveurs enragés.
Tout aiguisé de soif tout affamé de froidPaul Éluard · Voix de synthèse
0:000:00