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Paul Eluard

L’objectivité poétique n’existe que dans la succession, dans l’enchaînement de tous les éléments subjectifs dont le poète est, jusqu’à nouvel ordre, non le maître, mais l’esclave

Paul Éluard

Le long des murailles meublées d’orchestres décrépits Dardant leurs oreilles de plomb vers le jour À l’affût d’une caresse corps avec la foudre Le sourire faucheur des têtes basses L’odeur du son Les explosions du temps fruits toujours mûrs pour la mémoire. * Et tes mains de pluie sur des yeux avides Floraison nourricière Dessinaient des clairières dans lesquelles un couple s’embrassait. Des boucles de beau temps des printemps lézards Une ronde de mères lumineuses Retroussées et précises Des dentelles d’aiguilles des touffes de sable Des orages dénudant tous les nerfs du silence Des oiseaux de diamant entre les dents d’un lit Et d’une grande écriture charnelle j’aime. * Tant de rêves en l’air Tant de fenêtres en boutons Tant de femmes en herbe Tant de trésors enfants Et la justice enceinte Des plus tendres merveilles Des plus pures raisons Et pourtant Les heureux dans ce monde font un bruit de fléau Des rires à perdre la tête Des sanglots à perdre la vie Les yeux la bouche comme des rides Partout des taches de vertu Partout des ombres à midi. * Colère miel qui dépérit L’abri des flammes se consume C’en est fini de voler au secours infâme des images d’hier La perfection sylvestre la fine mangeoire du soleil Les fondantes médailles de l’amour Les visages qui sont des miettes de souhaits Les enfants du lendemain le sommeil de ce soir Les mots les plus fidèles Tout porte de noires blessures Même la femme qui me manque.
L’objectivité poétique n’existe que dans la succession, dans l’enchaînement de tous les éléments subjectifs dont le poète est, jusqu’à nouvel ordre, non le maître, mais l’esclavePaul Éluard · Voix de synthèse
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