Aller au poème
Paul Eluard

Crépuscule

Paul Éluard

Désert vertical, le verrier creusait la terre, le fossoyeur voulait se pendre et dans la fumée de ma tête s’organisait l’oubli. C’était l’heure entre chien et loup, entre suie et poix. Un joli vertige. Avant de disparaître, le ciel fit une grimace cornue. Je vivais, petit, tranquille, bien au chaud, car j’avais enchâssé ma précieuse fureur diurne dans la dure poitrine de mes ennemis vaincus.
CrépusculePaul Éluard · Voix de synthèse
0:000:00