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Paul Eluard

Jardin perdu

Paul Éluard

à Lise Deharme Ce jardin donnait sur la mer Gorge d’œillet Il imitait le bruit de l’eau On sous-entendait la forêt Son cœur débitait l’air du large En massifs calmes Ses fleurs montaient à pas de feuilles Vers les racines du jour tendre Ce jardin donnait sur la terre Ses caresses pesaient si peu Que des allées en jaillissaient D’elles-mêmes à chaque instant Une gamme de perspectives S’offrait aux courants de la vue Et le soleil couleur d’avril Animait un ciel végétal.
Jardin perduPaul Éluard · Voix de synthèse
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