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Paul Eluard

Cœur à pic

Paul Éluard

Le torrent son petit tonnerre La forêt aux îles plus belles Que les ailes des paradis Les lampes éteintes des mares Les mousses la nouvelle neige Les joncs cambrés aux regards lisses Les parfums des champs par bouffées Le pain la poitrine en avant Les nids ravagés des armoires Les guenilles pâles du lit Les palissades d’un piano Qui n’est pas là depuis longtemps Ma plume ce soutien débile Le langage des fleurs du mur Le portrait de Nusch sur la table Imposant rythme couleurs santé Aux cloches sourdes des paupières Animaux sous le fouet volant Du cirque qui gonfle ses toiles Villages bien peuplés eau pleine Air teinté d’ombres d’astres d’hommes Feux des marins et des bergers Rues et maisons tendues de feux Lampes de pain enfants de feuilles Pain des enfants parfum des femmes Moulins des miroirs et des yeux Îles des seins sillons des mots Neige câline de la force Mares fanées de la fatigue Torrents d’animaux lourds de sang Travail secret miel noir des songes Trésors noués par des désastres Sang commun sur toute la terre.
Cœur à picPaul Éluard · Voix de synthèse
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