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Paul Eluard

Vertueux solitaire

Paul Éluard

Je nommerai ton front J’en ferai un bûcher au sommet de tes sanglots Je nommerai reflet la douleur qui te déchire Comme une épée dans un rideau de soie Je t’abattrai jardin secret Plein de pavots et d’eau précieuse Je te ligoterai de mon fouet Tu n’avais dans ton cœur que lueurs souterraines Tu n’auras plus dans tes prunelles que du sang Je nommerai ta bouche et tes mains les dernières Ta bouche écho détruit tes mains monnaie de plomb Je briserai les clés rouillées qu’elles commandent Si je dois m’apaiser profondément un jour Si je dois oublier que je n’ai pas su vaincre Qu’au moins tu aies connu la grandeur de ma haine.
Vertueux solitairePaul Éluard · Voix de synthèse
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