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Paul Eluard

Poème perpétuel

Paul Éluard

De l’œil du doigt j’étudie des sourires Le petit jour l’herbe endormie Qui se lève à la vue des bêtes La poitrine qui n’a plus faim Qui n’a plus honte La femme qui se fait complice D’amours sans force et d’amours forcenées La femme attentive à la vie À la tempête d’un sanglot À l’île verte du silence De l’œil du doigt j’étudie des sourires Je les reflète Quels sont ces êtres caressants Qui parlent selon mon repos Sourires selon la rosée Le soleil doux comme une taupe Une boucle sur un front bas La longue nuit immobile est rompue Le beau masque désarçonné La chaîne usée Une feuille qui se déplie Un sourire qui continue Mes yeux mes doigts Notre jeunesse tendrement Fait naître l’aurore sur terre.
Poème perpétuelPaul Éluard · Voix de synthèse
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