Ne pas aller au cœur des autres : en sortir
Paul Éluard
I
Monte descends je ne prends part qu’à ton plaisir
Idole pâquerette giroflée pervenche
Aime pour moi dresse les fleurs abats les fruits
Cerne les roses fais mûrir les pommes loin de l’arbre
Assouplis l’or de la longue rivière
Bon cœur verse la chair
Dans les formes que j’aime
Beaux yeux ordonnez la lumière
À travers toute vie nouvelle.
II
Ton corps chante son assurance
Tout vouloir tout pouvoir à jamais
Ton espoir calme était un trésor fabuleux
Ta fièvre lente armait un soleil bienveillant
Son cortège de flammes tendres
Et d’oiseaux adroits agiles légers
Le jour n’est pas vide tes mains
N’étaient pas vides
Ce n’est pas seulement ta force qui l’habite
Mais la gloire de lire un bonheur sans limites
Dans la simplicité des lignes du présent.