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Paul Eluard

À peine une part de souffle

Paul Éluard

Nous de l’avenir Pour un petit moment pensons au passé Vertu pense au malheur Mon passé mon présent Nous n’en avons plus peur Nous disions amour et c’était la vie Parmi les tours et sur les plages de l’enfance C’était un sang léger aérien Et d’aveux en aveux nous devenions les autres Plaisir faire plaisir Nous inventions le feu Jamais rien que le feu Quand je parlais seul Je disais amour et c’était la vie Je parlais j’écoutais encore mon semblable Les mille rames de son cœur fendaient ma chair Je parlais Je ne veux pas voir cette ombre au soleil Donne-moi ma peine rends-moi mon souci Je ne veux pas voir Ce fardeau de pluie sur l’eau de ton front Sur l’eau sans fond de notre union.
À peine une part de soufflePaul Éluard · Voix de synthèse
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