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Paul Eluard

À l’ombre de ma porte

Paul Éluard

Le dernier chant d’oiseau donne des ailes noires Aux heures de silence aux heures de sommeil Le dernier bec d’oiseau se ferme sur mon œil Logis sans fondations sans murs d’où je rayonne Je me souviens du redoutable océan de midi Je me souviens de la campagne bâillonnée Par le soleil duvet de plomb sur un orage d’or Je vis bien en été la chaleur m’émerveille Je me souviens de cette fille aux cheveux jaunes aux yeux gris Le front les joues les seins baignés de verdure et de lune De cette rue opaque et dure où le ciel pâle Se creusait un chemin comme on creuse un baiser Je me souviens des mouvements hésitants de mes songes Sur des lits incertains et d’un corps de nuages Sortait un corps violent couvert de désirs et de chaînes La chaleur tour à tour m’isole et me dénude Il n’y a de fête qu’ici Dans cet œuf que la terre et le jour ont couvé Le repos dans la nuit d’été.
À l’ombre de ma portePaul Éluard · Voix de synthèse
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