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Paul Eluard

Faire vivre

Paul Éluard

Ils étaient quelques-uns qui vivaient dans la nuit En rêvant du ciel caressant Ils étaient quelques-uns qui aimaient la forêt Et qui croyaient au bois brûlant L’odeur des fleurs les ravissait même de loin La nudité de leurs désirs les recouvrait Ils joignaient dans leur cœur le souffle mesuré À ce rien d’ambition de la vie naturelle Qui grandit dans l’été comme un été plus fort Ils joignaient dans leur cœur l’espoir du temps qui vient Et qui salue même de loin un autre temps À des amours plus obstinées que le désert Un tout petit peu de sommeil Les rendait au soleil futur Ils duraient ils savaient que vivre perpétue Et leurs besoins obscurs engendraient la clarté. * Ils n’étaient que quelques-uns Ils furent foule soudain Ceci est de tous les temps.
Faire vivrePaul Éluard · Voix de synthèse
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