Aller aux poèmes
Kabir
22 pixels
1 / 13

Deuxième suite

Kabir

13 poèmes

Partie I

Vide la coupe ! Enivre-toi ! Bois le divin nectar de Son Nom !
Kabir dit : « Écoute-moi, cher Sadhu ! Du sommet de la tête à la plante des pieds, l’homme est empoisonné par l’intelligence. »

Partie II

Ô homme, si tu ne connais pas ton propre Seigneur, de quoi es-tu si fier ?
Renonce à toute habileté. Jamais de simples mots ne t’uniront à Lui.
Ne te laisse pas tromper par le témoignage des Écritures.
L’amour est bien différent de la lettre et celui qui en toute sincérité l’a cherché l’a trouvé.

Partie III

La douceur de voguer sur l’océan de l’immortelle vie m’a délivré de toutes vaines questions.
Comme l’arbre est dans la graine, ainsi tous les maux sont dans les vaines demandes.

Partie IV

Quand enfin tu as trouvé l’océan du bonheur, ne t’en va pas assoiffé.
Réveille-toi, fou que tu es ! la mort te guette. Ici est l’eau pure devant toi. Bois-la à perdre haleine.
Ne poursuis pas le mirage, mais aies soif de nectar.
Dhruva, Prahlad et Shukadeva en ont bu ; Raida en a goûté.
Les Saints sont ivres d’amour, c’est d’amour qu’ils ont soif.
Kabir dit : « Écoute, mon frère ! le repaire de la crainte est brisé ;
Pas un instant tu n’as regardé le monde face à face.
Avec la fausseté tu tisses ton esclavage ; tes paroles sont pleines de tromperie.
Avec le fardeau de désirs dont ta tête est chargée, comment pourrais-tu être léger ? »
Kabir dit encore : « Garde en toi la vérité, l’esprit de sacrifice et l’amour. »

Partie V

Qui a appris à la veuve à laisser consumer son corps sur le bûcher de son époux défunt ?
Mais qui a appris à l’amour à trouver sa joie dans le sacrifice ?

Partie VI

Pourquoi, mon cœur, es-tu si impatient ?
Celui qui veille sur les oiseaux, sur les bêtes et sur les insectes,
Celui qui a pris soin de toi quand tu étais encore dans le sein de ta mère
Ne te préservera-t-il plus à présent que tu en es sorti ?
Ô mon cœur, comment peux-tu te détourner du sourire de ton Dieu et errer si loin de Lui ?
Tu as abandonné ton Bien Aimé pour penser à d’autres. Voilà pourquoi ton œuvre est vaine.

Partie VII

Comme il m’est difficile de rencontrer mon Seigneur !
L’oiselle de pluie, altérée, appelle la pluie à grands cris. Elle mourra d’attente plutôt que de boire une autre eau ;
Attirée par les sons de la musique, la biche s’approche : elle risque sa vie en les écoutant et pourtant la crainte ne la fait pas reculer.
La veuve reste assise auprès du corps de son époux ; le feu ne lui fait pas peur.
N’aie aucune crainte pour ton misérable corps.

Partie VIII

Ô frère ! quand je m’égarais, le vrai Maître me montra la route.
Alors je laissai les rites et les cérémonies ; je ne me plongeai plus dans les eaux sacrées.
Je compris que moi seul j’étais fou ; que tout le monde autour de moi était sain d’esprit et que je scandalisais les gens sages.
Depuis ce jour, je ne me roule plus dans la poussière en signe d’obéissance ;
Je ne sonne plus la cloche du temple ;
Je ne place plus l’idole sur son trône ;
Je ne mets plus de fleurs devant les images en signe d’adoration.
Ce ne sont pas les austérités et les mortifications de la chair qui plaisent au Seigneur.
Ce n’est pas en quittant tes vêtements et en tuant tes sens que tu Lui es agréable.
L’homme qui est bon, loyal, qui demeure calme au milieu de l’agitation du Monde, qui estime autant que soi-même toutes les créatures de la Terre,
Cet homme-là atteint l’Être Immortel et le vrai Dieu est avec lui.
Kabir dit : « Celui dont les paroles sont pures et qui n’a ni orgueil ni envie connaît Son Vrai Nom. »

Partie IX

L’ascète teint ses vêtements au lieu de teindre son âme des couleurs de l’amour.
Il reste assis dans le temple, abandonnant Brahma pour adorer une pierre.
Il se perce les oreilles ; il porte une longue barbe et des guenilles sordides ; il ressemble à un bouc.
Il marche dans le désert, tuant en lui le désir et il devient semblable à l’eunuque.
Il se tond la tête et teint ses vêtements ; il lit la Gita et devient un grand bavard.
Kabir dit : « Toi qui agis comme lui, tu vas aux portes de la mort, pieds et mains liés. »

Partie X

Je ne sais quel est mon Dieu.
Le Mullali crie vers Lui : pourquoi ? Le Seigneur est-il sourd ? Il entend bien résonner les fines articulations d’un insecte qui marche.
Égrène ton chapelet ; peins sur ton front le chiffre de ton Dieu ; porte de longues guenilles tachées et voyantes ; si une arme de mort est dans ton cœur, comment posséderas-tu Dieu ?

Partie XI

J’entends la mélodie de Sa flûte et je ne suis plus maître de moi.
La fleur s’épanouit sans que le printemps soit venu, et déjà l’abeille a reçu son message odorant.
Le tonnerre gronde, les éclairs brillent ; des vagues s’élèvent dans mon cœur.
La pluie tombe et mon âme languit après mon Seigneur.
Là où le rythme du monde tour à tour prend naissance et meurt, c’est là que mon cœur a atteint.
Là les bannières cachées flottent au vent.
Kabir dit : « Mon cœur se meurt de vivre. »

Partie XII

Si Dieu est dans la mosquée, alors à qui ce monde appartient-il ?
Pèlerin, si Rama est dans l’image que tu adores, alors que se passe-t-il là où il n’y a pas d’images ?
Hari est à l’orient ; Allah est à l’occident. Regarde dans ton cœur, tu y trouveras à la fois Karim et Rama.
Tous les hommes et toutes les femmes du monde sont Ses formes vivantes.
Kabir est l’enfant d’Allah et de Rama. Lui est mon Maitre ; Lui est mon directeur spirituel.

Partie XIII

Celui qui est modeste et content de son sort ; celui qui est juste, celui dont l’esprit est rempli de résignation et de paix ;
Celui qui L’a vu et qui L’a touché, celui-là est libéré de la crainte et de l’angoisse.
Pour lui la pensée de Dieu est comme une pâte de santal répandue sur son corps.
Pour lui il n’y a aucune autre joie que cette pensée.
Une harmonie accompagne son travail et son repos ; un rayonnement d’amour émane de lui.
Kabir dit : « Touche les pieds de Celui qui est un, indivisible, immuable, paisible, qui remplit de joie à pleins bords les vases terrestres et dont la forme est amour. »

À propos de Kabir

Tous les recueils de Kabir

Cette bibliothèque présente une sélection des textes disponibles de Kabir. Elle ne constitue pas une édition complète des recueils.

À propos de cette lecture

Les couvertures sont imaginaires. Les portraits sont des interprétations risographiées.

Partie IKabir · Voix de synthèse
0:000:00