Hymne à la nuit dédié à la fille de la nuit
La nuit se lève de la terre,
masque le ciel lumineux et la terre déserte après la moisson.
La nuit se lève de l’intérieur de toi.
Tu viens de loin, je vais au loin.
Ici se croisent de longs chemins.
Le ciel ne possède rien,
comment pourtant me console-t-il ?
La terre déserte après la moisson.
On fait la récolte de l’année,
on coupe les céréales, on traîne le cheval.
Profondément enterrés
les gens demeurent dans les champs.
Le râteau scintille, la paille s’entasse pour le feu,
les graines s’amassent dans le grenier de la nuit.
Le grenier est très sombre, très silencieux, très opulent
et très déserté. Dans la moisson je vois les yeux de Thanatos.
Les oiseaux, comme des gouttes noires de pluie,
volent et pénètrent la nuit dans le crépuscule.
La nuit ne possède rien,
comment pourtant me console-t-elle ?
Je marche sur le chemin,
je chante tout haut,
le vent souffle au-delà de la colline.
En haut, c’est le ciel. Immense.