Sonnets du passereau I
Aimer un petit passereau est chose folle.
Il tournoie libre dans la longue cage bleue
à m'en oppresser la poitrine, tandis que
le peu de liberté d'aimer bientôt s'envole.
L'amour est-ce partage à deux? pécule? obole?
Une pressante, une rauque nécessité
de nous aimer au sein de l'amour se désole
à chaque baiser que bouche n'a pas donné.
Le petit oiseau descend à notre portée,
et dans cette chute soumise un vol s'ensuit,
et se poursuit sans ailes, comme pure absence,
Romance qui dans la romance recommence.
Pour autant que passe l'amour ou qu'on le nie,
elle est chant (et non pas oiselle) son essence.