Après avoir effleuré de ma plume le thème du deuil dans mon premier recueil de poèmes, Ce qui se cache sous les paupières, publié en 2024, Celle qui reste continue l‘exploration sensible du deuil et de la persistance du lien, de manière tout à fait différente. On y lit la tension entre deux héritages : celui de l'artiste, qui espère, et celui de la philosophe, qui interroge — tension féconde assumée avec lucidité. De la perte à la réparation, le deuil n’est pas, contrairement aux idées reçues, un « travail » qui dépendrait de notre volonté. La mort, loin d'être un mur, se fait passage ; l'écriture, un espace de respiration et le chagrin une matière à connaissance. Il y a dans ces pages une leçon de douceur : la perte n'efface pas, elle transforme. Celle qui reste devient alors un texte de passage — de la sidération à la réalisation, du silence à la parole, du manque à la mémoire.