





Je suis au milieu de l'ouvrage, je ne veux pas le lire trop vite pour ne pas arriver à sa fin. Les mots que je lis voyagent dans mon imaginaire et c'est un magnifique voyage. Quelle que soit la teneur des mots, doux ou corrosifs, les textes m'habitent, me surprennent, me caressent, laissent vagabonder ma pensée qui poursuit le chemin dans mon esprit après chaque dernier mot. Quel bonheur !
D'où vient le poème, trop souvent associé à l'énigme du sens, où nous conduit-il? Inversons la proposition: d'où vient le lecteur qui rencontre le poème, sinon du besoin des mots capables de désaltérer de sens nos vies de plus en plus éloignées de la source du langage ? En se disant Broc'auteur, Michel Bur désigne lui-même ce qui nous touche dans son écriture: ramasser du regard le rien laissé pour compte, exalter la vie qui sourd de partout, du moindre brin d'herbe plus fort que le ciment qui finalement lui cède, surprendre les mains qui cherchent et finissent par rencontrer l'autre, laisser venir la confidence retenue sur les souffrances traversées... Le poème est un hommage à la pauvreté des mots qui, si on prend du temps pour les écouter, explosent d'amour de la vie.