Il faut, s'endormir sur cette lave qui s'épuise en une glace de miel noir, voir cette lumière s'aiguiser sur des miroirs de murs blancs et fourmiller en des milliers d'étoiles sur le basalte, boire les raies, les rêves et l'écume, qui coulent sur les écailles de ce petit monde aride et enjôleur qui a rédigé ici, les causes de sa puissance et de sa faiblesse, car rien n'est caché dans ce morceau d'île du grand projet des créateurs – la fin du monde pourrait s'y écrire sans pesanteur, entre le magma gelé, et les émulsions ivres de la mer.
Dans ce recueil de prose, chaque poème s'ouvre sur les deux mêmes mots – « il faut » – comme une injonction douce et réflexive, oscillant entre gravité et légèreté, où se mêlent des scènes ordinaires qui s'envolent vers des questions plus universelles : l’enfance, la mémoire, l’amour, la mort, créant une tension continue entre gestes simples – voire triviaux – et explorations métaphysiques.