Fou·lles est un choix délibéré d'écriture inclusive englobant tous les genres pour désigner les personnes ''fous et folles'' — personne ayant un parcours de psychiatrisation et/ou vivant avec des vulnérabilités psychiques, ou encore personne que l’on dit « trop » sensible, « pas assez » ceci, « pas assez » cela.
Il s'agit ici de se réapproprier un terme stigmatisant* par lequel la psychiatrisation ou la société nous a désigné, pour montrer que nos vies ne se réduisent pas à nos malheurs et valent autant que celles des « autres » d'être
vécues.
Ce manuscrit raconte un parcours de lutte, celui de l'auteurice, face au système psychiatrique et à la société "psychophobe". Sans jamais les nommer, il retrace un périple de survivant, depuis la "mort" sociale et sanitaire, jusqu'à la "résurrection" par la lutte individuelle, puis collective.
Il s'agît de textes sélectionnés sur ces sept dernières années. Ils constituent l'introduction d'une base de recherche scientifico-poétique qui s'inscrit dans le champs des "Mad Studies", pour encourager la résistance des personnes concernées par la psychiatrisation.
Ce travail permet notamment d'appréhender cette lutte à l'intersection d'autres comme l'antiracisme, l'anticolonialisme, le féminisme et les luttes Queers.
*Le "retournement du stigmate" est une notion développée
par les sociologues Erving Goffman dans Stigmate. Les usages
sociaux des handicaps (1963) et Howard S. Becker dans
Outsiders : Etudes de sociologie de la déviance (1963).