Ce roman-poème tisse un dialogue entre les voix des grands-parents maternels de l’autrice, dans les derniers instants précédant leur départ de la maison familiale pour une résidence médicalisée.
Oméry, Baba, profondément ancré dans son jardin, résiste au départ par le geste et le contact avec la terre : chaque soin apporté aux plantes devient un acte de présence, de survie.
Renée, Yaya, depuis la fenêtre, s’enferme dans un silence résigné ; elle observe, habite l’entre-deux du départ, entre l’attente et la séparation.
La description des élans de vie et de la solitude des protagonistes constitue le point de départ d’une réflexion universelle sur la vieillesse, son invisibilisation et l’isolement, des réalités reléguées aux marges de nos récit collectifs.
En proposant deux voix poétiques distinctes, unies mais traversées par les mêmes bouleversements, l’autrice offre un regard multiple et sensible sur l’amour familial et l’expérience de l’isolement.
Surréaliste, tendre et surprenant, ce recueil met à l’honneur le jardin, dépositaire d’émotions trop lourdes à partager, ainsi que la matérialité de la maison, dernier rempart face à l’effacement. Les poèmes de Gabrielle Bernoville deviennent alors des hymnes discrets à ce qui demeure, un hommage au lien et au partage.