Naguère, j’étais ce jeune homme qui transformait
chaque baiser en tragédie grecque et chaque éloignement
en fin du monde.
J’écrivais des sonnets en marchant dans Paris, je voyais
des anges dans les yeux des filles, je pensais que la beauté
était une maladie mortelle et que la ville entière était mon
théâtre personnel.
Des années plus tard, voilà ces poèmes.
Ils sont toujours là : intacts, un peu ridicules, peut-être
pas vraiment sincères.
Des machins rédigés dans ma tête, sur les chaises vertes
du Luxembourg, pour frimer dans un café, pour me
distraire dans le métro, pour décuver après un trop-plein
d’alcool, pour tenter d’exorciser un sentiment.
Bienvenue dans mon ancien désastre.