Sonnet
Qui contient une fantaisie contente avec un amour décent
Arrête-toi, ombre de mon bien cruel,
image du sortilège que je préfère,
belle illusion pour qui je meurs joyeuse,
douce fiction pour qui je vis en peine.
Si à l'aimant tout puissant de tes grâces
ma poitrine sert d'obéissant acier,
pourquoi me parler d'amour flatteur
si après tu dois fugitif me tromper ?
Mais tu ne peux pas tirer gloire, satisfait,
de ce que triomphe en moi ta tyrannie :
car même si tu défaisais le lien étroit
qui ceignait ta forme fantastique,
peu importe échapper aux bras et poitrine
si mon imagination te forge une prison.